
Appelé généralement château Schwendi en souvenir de son bâtisseur, le magnifique palais Renaissance érigé contre le mur d'enceinte est de Kientzheim, à côté de la porte basse dite du Lalli (voir Kientzheim dans notre rubrique villes), a succédé à une première construction, œuvre, vers 1420, des comtes de Lupfen, seigneurs d'origine badoise. Ils étaient arrivés en Alsace suite au second mariage d'Herzelaude de Ribeaupierre, veuve de Henri de Saarwerden, avec Jean de Lupfen, landgrave de Stuhlingen. Malheureusement, Herzelaude est décédée deux années après cette union et les Ribeaupierre ont réclamé le retour dans leur patrimoine de Kientzheim et d'autres lieux qui faisaient partie de la dot.

Mais, malgré un long litige entre les Ribeaupierre et les Lupfen, la seigneurie de Kientzheim, jadis aux mains des Habsbourg (qui l'ont engagée aux Ribeaupierre en 1373), est restée sous la tutelle des Lupfen jusqu'en 1563.
Cette année-là, Lazare de Schwendi, célèbre diplomate et militaire souabe au service des Habsbourg, a racheté la seigneurie. Puis après avoir fait démolir l'ancien château, il s'est fait ériger en vingt ans cette somptueuse demeure qui deviendra le centre administratif de son fief, la seigneurie de Hohlandsberg-Kientzheim.
Plusieurs grands seigneurs ont succédé en ce lieu à Lazare de Schwendi: le comte de Furstenberg et Nicolas de Leyen (qui avaient successivement épousé la petite fille de Lazare de Schwendi) ; après la guerre de Trente Ans, le baron de Montclar, un général au service du roi Louis XIV, qui avait fait aménager le jardin ; en 1714 et jusqu'à la Révolution, la ville de Colmar; puis la famille de l'archéologue-antiquaire Marie-Philippe de Golbéry et enfin les barons de Castex.

En 1973, le château a été acquis par la fameuse confrérie Saint-Étienne et est devenu depuis lors un haut lieu de l'œnologie alsacienne mise en valeur par l'œnothèque qui s'y trouve et par le joli petit musée de la vigne installé dans les dépendances.