
Le château de Wangenbourg, à cinq minutes de marche du village du même nom (la commune de Wangenbourg-Engenthal au cœur de la petite Suisse d'Alsace), peut être comparé, quant à sa vocation, au Pflixbourg, au Kaysersberg, voire au nouveau Girbaden. Comme eux, Wangenbourg est un château de garnison.

Le château est probablement bâti au XIIIe siècle (sans doute durant le 2e tiers de ce siècle) par les chevaliers de Wangen (voir la ville médiévale du même nom) qui donneront le nom à fortification. Ils ont érigé leur château sur une terre usurpée à l'abbaye d'Andlau dont ils deviennent les vassaux par l'intermédiaire d'un avoué. La burg est mentionnée pour la première fois en 1357 comme arrière-fief des chevaliers de Wangen, vassaux des Dicka, eux-mêmes avoués abbatiaux.

À partir du XVe siècle, les Wangen sont obligés de céder des parts de leur château de Wangenbourg à d'autres féodaux, notamment aux comtes de Lutzelstein (La-Petite-Pierre), aux sires de Rappolstein (Ribeaupierre) et aux comtes palatins.
En 1504, l'empereur Maximilien 1er, en guerre contre le comte palatin, confisque le château au Wangen, alliés du comte et Wangenbourg est remis aux Thierstein.

Puis, en 1518, le château passe aux évêques de Strasbourg qui le font restaurer.
Cependant la famille de Wangen restera présente en quasi-permanence jusqu'à la Révolution. En 1676, un état des lieux permet de constater que le château ne peut en aucun cas servir de refuge, même si en 1680 Wangenbourg avait une garnison française qui d'ailleurs ruine la tour nord du château.
Château de garnison pour les hommes d'armes chargés de protéger les biens de l'abbaye féminine d'Andlau, Wangenbourg possède toutes les caractéristiques d'un casernement médiéval. Il est construit sur une plate-forme rocheuse entourée d'un énorme fossé-carrière. Aussi les murailles épousent-elles le promontoire et donnent-elles à la forteresse sa forme polygonale.




Les remparts, en appareil régulier (pierres à bosses au bas des murailles et pierres lisses en haut) servirent d'appui aux bâtiments militaires aujourd'hui disparus.
La pièce maîtresse de ce château reste, bien sûr, le magnifique donjon érigé dans l'angle opposé à la porte d'entrée, jadis équipée d'un pont-levis. Ce donjon pentagonal de 24 m de haut quasiment conservé à sa taille initiale, est équipé de magnifiques archères cruciformes, meurtrières pouvant toutes être desservies par deux hommes armés d'arcs ou d'arbalètes.

Le visiteur découvrira encore avec intérêt les fenêtres ogivales qui ont survécu à la destruction du château, les vestiges de l'habitat (dont une cheminée Renaissance qui pourrait remonter à la restauration de 1520) ainsi que la pierre aux armes des Wangen-Hoffel scellée au pied du donjon. Celui-ci, restauré, est accessible et de sa plate-forme, on domine le village et la forêt environnante.
