
Le château de Wasenbourg, au-dessus de Niederbronn-les-Bains (une heure de marche environ, à partir des sources minérales), ne doit pas sa notoriété à son histoire, ni même à ses occupants. En revanche son architecture mérite que l'on s'intéresse de près à ce site.

Les lieux occupés aujourd'hui par la Wasenbourg avaient déjà vu passer les Romains qui y édifièrent un lieu de culte dédié à Mercure, voire, selon certains historiens, un poste de garde...

L'origine du château demeure très obscure. D'aucuns la font remonter à l'époque mérovingienne. D'autres pensent que le château a été édifié durant l'Interrègne par l'évêque Jean de Lichtenberg ou restauré - au cas où le château remonterait au bas Moyen Âge – par l'évêque Conrad de Lichtenberg. On se base sur des marques de tâcherons visibles à Wasenbourg et qui sont similaires à celles que l'on voit à Strasbourg, dans la partie que l'on doit à l'évêque Conrad... Ces marques ne constituent pas une preuve mais entretiennent une belle légende qui méritait d'être mentionnée.

En fait, le château apparaît dans les archives en 1335. Il est aux mains des chevaliers de Born, vassaux des Lichtenberg qui sont d'ailleurs obligés, en assiégeant le château en 1398, de montrer à l'occupant qui est le maître. Le château passera plus tard aux Lichtenberg, puis aux Deux-Ponts-Bitche et enfin au Hanau.

Malmenée en 1525 par les Rustauds, le Wasenbourg sera restaurée en 1535. Elle est occupée par un bailli et ne survivra pas au rattachement de l'Alsace à la France puisque les troupes du Roi-Soleil le détruisent en 1677.
Le Wasenbourg est un magnifique château résidentiel. L'habitat seigneurial est protégé, du côté de l'attaque, par un mur-bouclier, aujourd'hui encore haut de 18 m et large de 4 m. Ici, point de donjon. Le beffroi a été supplanté par le mur qui, sous certains angles, atteint la perfection. Ce mur était relié à l'habitat et faisait, donc, office de tour-refuge ou tour-observatoire. Le bouclier protège un habitat noble qui comportait deux étages.

Au premier on reconnaît le logis du seigneur notamment par la présence d'une cheminée et surtout par l'exceptionnelle baie gothique à neuf lancettes. Celle-ci – jadis ruinée comme le château – a été restaurée au début du siècle dernier. Le rez-de-chaussée, sans doute dévolu aux serviteurs, renferme une frise de soutènement du plancher, de l'étage supérieur où l'on remarque, près de la porte d'entrée, une tête sculptée.
Le Wasenbourg possède quelques éléments d'architecture mystérieux, en particulier son oriel dont on ne connaît pas vraiment la destination.
Ce château est fascinant et riche en enseignement architectural. Il mériterait incontestablement d'être mieux connu.
