La fondation de la ville de Belfort (qui a fait partie de l'Alsace jusqu'en 1871) remonte à la création, au-dessus de la vallée de la Savoureuse, d'un château fort bâti par les comtes de Montbéliard, parents des comtes de Ferrette. Cette construction s'élève d'ailleurs à la limite des deux comtés.

Le « castrum » de Belfort est mentionné pour la première fois en 1226 lors du traité de Grandvillars qui met un terme à la confrontation permanente des deux familles cousines. En raison du mariage du comte Ulrich III de Ferrette avec Jeanne de Montbéliard, la fortification passera, en 1350, aux mains des Habsbourg, leurs héritiers.
En 1365, le château tombe aux mains des « Anglais » d'Arnaud de Cervole. Dix ans plus tard, il est investi par Enguerrand de Coucy qui se prétend ayant-droit sur cette forteresse habsbourgeoise puisqu'il descend, lui aussi, d'Ulrich III de Ferrette par son aïeule Ursule.

En 1365, le château tombe aux mains des « Anglais » d'Arnaud de Cervole. Dix ans plus tard, il est investi par Enguerrand de Coucy qui se prétend ayant-droit sur cette forteresse habsbourgeoise puisqu'il descend, lui aussi, d'Ulrich III de Ferrette par son aïeule Ursule.
Le château partage bien évidemment le destin de la régence d'Ensisheim jusqu'en 1636, année du rattachement de Belfort à la France. Dès lors, la citadelle est entièrement transformée. La métamorphose est due successivement à Vauban, qui redessine toute la ville fortifiée, à l'ingénieur Baudouin en 1749, et au général Haxo qui, de 1817 à 1843, ordonne des aménagements de premier ordre. Le château est propriété de la ville depuis 1962.

Un autre château dominait jadis la vallée de la Savoureuse. Il s'agit de la tour de Montfort construite par les premiers comtes de Ferrette à la limite de leur seigneurie, face au château de Belfort.
Par application du traité de Grandvillars, en 1226, le comte Frédéric Il détruit ce Burg frontalier et le réduit en miettes. On dit que le lieu reçoit alors la dénomination de «la Miotte» (miette, en parler roman belfortain).

Au Moyen Age, avec ses 10 ha, Belfort est de taille sensiblement identique à celle de villes comme Cernay, Kaysersberg ou Riquewihr, alors qu'elle est plus petite que Neuwiller-lès-Saveme et Mutzig. Au XVIème siècle, elle compte à peine 600 habitants.

Tant que la cité, pourtant enracinée sur un lieu de passage stratégique, n'a qu'une vocation seigneuriale, elle végète. En 1674, nous narre Lazare de la Salle, « cette ville était très peu de chose ( ... ). Ce n'était qu'un trou, des rues étroites, mal pavées, des maisons mal bâties et obscures, en un mot, la plus triste et la plus désagréable demeure au monde. Le soleil, qui répand partout ailleurs sa lumière, n'y paraît que l'après-midi, parce que la hauteur de la côte où est situé le château, l'empêche de l'éclairer dès le matin ( ... ). Le château n'était qu'un nid à rats... »
A l'époque de cette lugubre description, la ville n'avait aucune fortification. Elle n'était fermée que d'une simple muraille sans défense. Belfort n'est donc, au XIIIème siècle, qu'une simple bourgade dominée par un château, à l'image de ce qu'est Ferrette aujourd'hui.
Ce noyau primitif se développe vers l'ouest, et l'enceinte primitive du XIVème siècle est complétée au siècle suivant pour englober l'extension de cette cité telle que la voit Lazare de la Salle. Trois portes (celle de Bourgogne, celle de la Halle et celle de l'Horloge) donnent accès à la ville.

Aujourd'hui, évidemment, la ville nouvelle de Vauban n'a plus rien de sa physionomie médiévale. Les monumentales portes, celle de France (disparue) et celle de Brisach, qui témoignent de l'évolution de l'architecture militaire, ne reflètent en rien les constructions dues aux Ferrette et aux Habsbourg.