Ferrette.

Le siège d'une puissante famille...

Dans le Sundgau profond, aux confins du Jura alsacien, la petite ville de Ferrette partage entièrement l'histoire de son château fort.

photo : Jean-Marie NICK
Les ruines du château de Ferrette dominent l'ancienne ville médiévale.

Le château de Ferrette, dont la partie la plus ancienne remonte tout au début du XIIe siècle (voir la page consacrée au château), voit le jour bien avant la ville seigneuriale qui est peut-être née sous le règne du comte Frédéric II (1197-1233).
Capitale comtale, la cité, qui occupe moins de 4 ha, n'atteindra jamais des dimensions démographiques impressionnantes ou une importance politique notoire.
Au départ, cette citadelle fait corps avec le château. Elle héberge la domesticité seigneuriale et regroupe sans doute des artisans et des commerçants, indispensables au fonctionnement économique du comté.

photo : Jean-Marie NICK
L'église de Ferrette. A droite, la ville "médiévale".

Au moment où, après le mariage en 1324 de Jeanne de Ferrette, l'ultime comtesse, avec le duc Albert II d'Autriche, les Habsbourg s'implantent dans la région, la ville cesse de se développer pour ne rester, en ce milieu fortement terrien, qu'un chef-lieu de bailliage. Après la guerre de Trente Ans (1618-1648), alors que Ferrette fait partie des biens des Mazarin, l'antique cité comtale reçoit la visite de Lazare de la Salle, fonctionnaire royal, qui la décrit ainsi : « Ferrette, petite vilaine ville, est située sur le penchant d'une montagne dont un vieux château occupe la cime. Il n'y a pas, je crois, cinquante maisons en tout. C'est pourtant un ancien titre de comté, qui appartient au duc de Mazarin. ( ) Je n'y ai rien trouvé qui ait touché ma curiosité. »

photo : Jean-Marie NICK
Ferrette : les armoiries des comtes (à droite) et celles des Habsbourg sur la mairie de Ferrette.

Au XVIe siècle, la ville compte à peine 160 habitants et Lazare de la Salle ne se trompe pas quand il parle de cinquante maisons. Il faut dire qu'à l'instar de nombreuses cités de la région, Ferrette a énormément souffert des troubles du XVIIe siècle qui ont laissé la commune exsangue.

photo : Jean-Marie NICK
Représentation du château et de la ville de Ferrette avant la guerre de Trente Ans. On reconnaît l'Untertor, la porte donnant sur Altkirch et le front occidental encore reconnaissable aujourd'hui.

La configuration actuelle de la vieille ville est la même qu'au Moyen Age. À l'époque, la cité reliée par des murailles au château ne possédait qu'une rue principale fermée au nord par l'Untertor (sur la route d'Altkirch) et au sud par l'Obertor (en direction de la Suisse).
Les premières enceintes pourraient avoir été bâties à l'instigation du comte Frédéric II. En réalité, les maisons bâties contre les remparts forment muraille. Aujourd'hui chef-lieu de canton proche de la Suisse, Ferrette donne à cette partie du Sundgau touristique un petit goût helvétique très apprécié des amateurs de beaux paysages.

photo : Jean-Marie NICK
Le château vu de la ville.

PRINCIPAUX VESTIGES MÉDIÉVAUX

Les remparts. – Les rares vestiges de remparts urbains relient le château à la ville et comprennent notamment la porte basse du château. Cette double porte voûtée du 16ème siècle avec des angles en pierres à bossage montre encore le passage de la herse et des crapaudines.
Par ailleurs, le tronçon du rempart, côté vallée, est en grande partie intégré dans les maisons dont les murs font 1 m à 2 m d'épaisseur (notamment à la mairie) et l'on peut très bien voir cet ensemble depuis la route de Lucelle.
Enfin il y avait deux portes dans l'enceinte d'origine: la porte basse au niveau de la maison de la Dîme, qui a été démolie en 1828, la porte haute dont il ne reste que deux piliers avec les armes des Ferrette.

photo : Jean-Marie NICK
Reconstitution du château et de la ville de Ferrette.

À voir également, l'église paroissiale Saint-Bernard, construite hors les murs en 1144 (chœur d'origine gothique avec contreforts et vitraux hauts et étroits, ainsi qu'une partie de la tour). Nef et clocher ont été démolis et reconstruits en style néogothique en 1913 –1914.
La mairie, bel édifice style Renaissance rhénane possède de belles fenêtres à meneaux. Voir également le linteau au-dessus de la porte avec la date 1572 avec à gauche le blason des Habsbourg, à droite celui des Ferrette.
La maison de la Dîme est imposant bâtiment du XVIIe siècle remanié au XVIIIe siècle. Elle a été le centre de collecte des impôts jusqu'à la Révolution.
Dans la rue du Château, au N° 28, maison avec colombage sculpté (deux personnages) et au N° 32, encadrement de porte Renaissance avec la date 1631 ; dans la rue Saint-Bernard, au n° 11, encadrement de porte Renaissance avec la date 1664 et au n° 13, pierre scellée dans le mur de la maison à colombage avec la date 1488.

Texte et photos : Jean-Marie NICK

Voir la page consacrée au château de Ferrette

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