Le Hugstein.

Le château fort du Hugstein constitue le seul vestige militaire médiéval de cette taille dans l'arrondissement de Guebwiller. Choyé par les municipalités de Guebwiller et de Buhl (la ligne de partage intercommunal passe par le centre du donjon!), le site bénéficie depuis de longues années de plusieurs campagnes d'entretien et de nettoyage.

(photo : Jean-Marie NICK)
La frise lombarde sur la porte Renaissance, appelée également faux mâchicoulis.

Bâtie sur un mamelon rocheux au débouché du vallon de Murbach, dominant Buhl et Guebwiller, la forteresse, aujourd'hui ruinée, a été construite en 1227, sur l'initiative de Hugo (Hugues), dit de Rothenbourg, abbé de Murbach, promu prince du Saint-Empire romain germanique par Frédéric II de Hohenstaufen. Le prélat alsacien avait été récompensé de cette manière pour avoir accompagné l'empereur souabe en Terre Sainte.

(photo : Jean-Marie NICK)
La porte Renaissance vue de haut.

Considéré comme le principal site défensif de la principauté abbatiale, le Hugstein (le rocher de - l'abbé - Hugo) avait aussi et surtout pour mission de surveiller Guebwiller, une cité parfois turbulente et néanmoins petit à petit promue au rang de ville.

Le château a servi, au XIIIe siècle, de prison aux chevaliers félons Thierry de Montbéliard et Renaud de Montbéliard, qui desservaient l'abbaye au lieu de défendre ses intérêts.
Mais la fameuse Burg florivalienne a également servi de résidence à plusieurs abbés, notamment à Conrad de Staufenberg (1305-1334), qui y a consacré la chapelle castrale dédiée à la Sainte-Croix et à Saint-Benoît et à Guillaume Stœr, qui y a habité durant tout son règne, de 1377 à 1387.

(photo : Jean-Marie NICK)
La porte Renaissance assiégée par... une gangue de verdure.

Barthélémy d'Andlau.

Le plus fameux des habitants du Hugstein fut sans conteste l'abbé Barthélemy d'Andlau (1447-1476). C'est lui qui a fait construire, semble-t-il, la magnifique tour-porte d'entrée et entourer le château de murailles supplémentaires. Grand érudit devant l'Éternel et véritable prince de la Renaissance alsacienne, le dignitaire ecclésiastique a également été un sévère administrateur, imposant une discipline et un ordre implacable dans ses bailliages de Guebwiller, Saint-Amarin et de Wattwiller.

(photo : Jean-Marie NICK)
Le front sud du château avec, au centre, les vestiges du donjon.

Devenu prison pour «hérétiques» sous l'abbé Georges de Masevaux, le château a été le témoin, au XVIe siècle, du martyre de plusieurs bourgeois luthériens, voire de quelques pauvres sorcières, tous victimes de l'obscurantisme.

En 1542, Henri de Jestetten, prétendant au siège abbatial, investit le château, d'où il se fait expulser par les Guebwillerois venus soutenir l'abbé élu, Rodolphe Stœr de Stœrenbourg.

(photo : Jean-Marie NICK)
Le donjon sans son parement.

Foudroyé en 1598, vandalisé durant la guerre de Trente ans et refuge de pauvres hères jusqu'au début du 19e siècle, le Hugstein est devenu aujourd'hui le but de promenade touristique. Entretenue lors de plusieurs campagnes de consolidations subventionnées par les communes concernées et le conseil général du Haut-Rhin, la ruine reste cependant globalement à l'abandon et devrait retrouver un regain d'intérêt si la zone couverte par la communauté de communes de la région de Guebwiller est classée Pays d'Art et d'Histoire.

(photo : Jean-Marie NICK)
Le Hugstein en hiver.

Saluons aussi les interventions du Club vosgien de Guebwiller qui a notamment fléché les sentiers d'accès. Les emprunter, c'est aussi rendre hommage aux nombreux bénévoles qui s'investissent pour la sauvegarde du site.

La ruine mérite incontestablement une visite.

Texte et photos : Jean-Marie NICK

Pour en savoir plus (site de l'OT de Guebwiller-Soultz)


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